Sanguinet Athlétique Rugby

Sanguinet - Terre de rugby


 

En 1933, Jeannot Triscos était un passionné du ballon ovale. Il jouait au poste de deuxième ligne au club de rugby de Parentis en Born. Il adorait faire partager sa passion. Chaque fois qu’il le pouvait, il attendait les sorties des enfants en récréation à l’école primaire de Sanguinet pour les faire jouer au rugby à 7.

 

 

En 1936, arriva René Brunet, un jeune instituteur rouquin, très sportif, très dévoué à la cause du sport. Il fonda très vite une équipe de basket et d’athlétisme. Cette équipe joua jusqu’en 1941 et fut dissoute en 1942.

 

 

 

C’est alors que, sous l’impulsion de Jeannot Triscos, il fut décidé de fonder une équipe de rugby. Tous les joueurs de basket passèrent au rugby d’autant plus facilement que c’est eux qui avaient été initiés au rugby dans la cours de l’école par Jeannot.

Jeannot Triscos


Le premier président fut Élie Triscos. Roger Dubès occupait la vice-présidence, le secrétariat était assuré par Marc Turroc et la trésorerie par Laluque le facteur. Bien évidemment, Jeannot en devient l’entraîneur. Le Sanguinet Athlétic Club était né.

 Au début, il organisait un match de rugby une fois par an. Pour former l’équipe de Sanguinet, il faisait appel à quelques copains rugbymen pour encadrer les jeunes sanguinétois.

 

Parmi eux, raconte Gilbert Noailles « il y avait Chouchou (Henri Laluque ), le père de Jacky, un homme très costaud qui, à lui seul, tenait la mêlée., Jean Dubos, ancien maire, qui contestait toutes les décisions de l’arbitre, Adrien Cadichon, Lolo ( Victor Gatuingt ) un personnage très imagé qui tombait à chaque mêlée et que l’on soignait avec le contenu d’une gourde de vin rouge et tous les autres à qui il aurait fallu leur donner un panier pour attraper les balles. Je ne dois surtout pas oublier Pierre d’Eloi à qui on recommandait de plaquer à tour de bras puisqu’il arrivait à plaquer des joueurs sans ballon. Quand ceux-ci lui faisaient la remarque, il rétorquait aussitôt : « tu l’as pas le ballon mais tu l’as eu » ce qui occasionnait parfois quelques disputes et échauffourées».

 

Ces matches étaient assez folkloriques mais cela a servi à faire connaître et à implanter le rugby à Sanguinet. Les saisons 1943, 44 et 45 furent compliquées d’autant que la guerre priva le club de cinq joueurs. Les déplacements à l’extérieur étaient difficiles du fait des restrictions de carburants dues à l’occupation du pays par les allemands. Il fallait se déplacer à bicyclette pour prendre le train en gare de Caudos ou Lugos.

 

« C’était de drôles d’expéditions » relate Gilbert Noailles. « Un jour, nous avions pris le train pour aller jouer à Rion. Au retour, le train marqua un arrêt à quelques kilomètres après Ychoux au lieu-dit Ligaugas. Croyant que nous étions arrivés en gare de Lugos, Henri Dupuy et moi sommes descendus du wagon. Sitôt les pieds posés sur le ballast, le train repartit sous notre nez. Il nous a fallu marcher le long de la voie ferrée jusqu’à Lugos où tous les autres nous attendaient bien au chaud au café de la gare. Je vous dis pas la mise en boîte et les moqueries à notre arrivée ».

 

Les matches à Sanguinet se jouaient au quartier de Lechourt sur un champ mis à disposition par Jean Boyau. Sur ce terrain, doté d’une citerne à eau alimentée par les pompiers pour permettre aux joueurs de se doucher, on pouvait également y pratiquer le football ou l’athlétisme dont, notamment le saut en longueur, le saut en hauteur et même le saut à la perche. Pierre Sollehonne adepte de cette discipline, peu en vogue à l’époque, est devenu après-guerre vice-champion de France militaire derrière le perchiste Victor Sillon, qui fut huit fois champion de France. Jeanne Boyau se rappelle avec nostalgie de ce temps. « J’adorais faire faire du saut en hauteur ou en longueur et même du saut à la perche. A l’époque, je n’avais pas besoin d’ouvrir le portail pour passer la barrière. Les matches de rugby se déroulaient le dimanche après-midi. A mon grand regret, je ne pouvais pas y assister car j’étais obligée par mes parents d’aller aux vêpres.. . »

 

L’équipe du SAC utilisa ce terrain jusqu’en 1948 avant de déménager sur le terrain de sports que nous connaissons aujourd’hui. C’est en 1945 qu’est intervenue la décision de créer un terrain de sport proche du centre bourg. Trois terrains sont sélectionnés mais les négociations avec les propriétaires concernés échouèrent. L’un d’entre eux, Mr Cameleyre proposa néanmoins une solution alternative. Le 6 janvier 1946, le Conseil municipal accepta cette proposition : échanger 1hectare 99 au lieu-dit Mounay contre 6 hectares le long de la craste Moulière.

 

Les travaux de nivellement et d’engazonnement du terrain sont réalisés fin 1947. Une clôture en fil de fer est posée en suivant. La construction d’une tribune avec douches décidée en 1949 est réalisée par l’entreprise Lafitte pour les fondations et par l’entreprise Poumeyrau pour la construction. Une clôture en planches fournies par les entreprises Lanusse et Caliot complète l’ensemble. Le nouveau terrain de sports municipal est inauguré le 19 mars 1950. Il portera le nom de Roger Labat en mémoire de cet ancien joueur mort en déportation, le 26 mai 1945, au camp de Dachau à l’âge de 24 ans.

 

La guerre finie, le club a fonctionné avec des hauts et des bas jusqu’en 1958, quand il tomba en sommeil