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Les chasses traditionnelles

Qu'elles sont les chasses traditionnelles, en France ?

 

la chasse traditionnelle se définit comme un mode de capture d'oiseaux ne nécessitant pas de fusil mais utilisant des méthodes traditionnelles de chasse décrites dans des arrêtés ministériels. Cette technique de chasse concerne uniquement 11 départements de France.

 

Il est convenu de désigner sous le nom de chasses  traditionnelles, plusieurs chasses régionales aux oiseaux migrateurs qui font appel à des techniques anciennes et se pratiquent sans fusil.

La chasse au bâton

Chasse sportive, née dans le sud ouest, à partirdes années 80, suite à la raréfaction du lièvre, elle a vu sa pratique crpître rapidement et gagner de nombreux départements.

Ce mode de chasse est appelé "chasse au baton" parce que souvent le " conducteur" s'appuie sur un bâton pour s'aider dans sa marche et, surtout apprécier et juger le travail de ses chiens. Ce n'est ni de la chasse à tir car elle se pratique sans fusil, ni de la chasse à courre puisque le but n'est pas de prendre et qu'elle n'a pas la prétention d'être assimilée à la vènerie.

 

Cette chasse n'est pas pratiquée par opposition aux autres modes de chasse, mais simplement, pour permettre aux propriétaires de "petites meutes" d'appécier le travail de leurs chiens, pour pouvoir les améliorer et sans cesse les faire progresser, ainsi que d'évaluer le rôle et la place de chacun.

 

L'état d'esprit de ces chasseurs, se veut "gestionnaire". En effet, comme pour les autres modes de chasse, il faut des animaux sur le territoire, mais pas trop, afin de pouvoir pratiquer des belles chasses. L'volution de cet état d'esprit a un effet très favorable sur la gestion du cheptel et donc sur les densités d'animaux. Ceci expliquant cela, la qualité des meutes a changé considérablement.  

Si les premières années, il était rare de trouver une meute créancée, aujourd'hui de nombreuses le sont. La capacité des chiens elle-même s'est modifiée en qualité et type. Rapproché, lancé, mené sont la panacée pour ces amoureux de chasse complète, dans l'éthique qui est la leur. Sportive, elle requière de bonnes jambes pour pouvoir être le plus possible "au cul des chiens ". S'encombrer d'une arme rendrat la poursuite difficile.

 

Ce mode de chasse aujourd'hui couramment réputé dans toute la France, a permis l'éclosion et le développement des épreuves et concours de meutes. Ceux-ci se sont multipliés, au point de devenir pour certains de véritables institutions.

 

Chapeautés par la Société Centrale Canine, Harloup ou la FACCC, ils sont des centaines dans toute la France. Pour notre département, pas moins d'une quinzaine de brecets ou concours ont été organisés pour 2014. En conclusion, il peut donc exister beaucoup de "chasseurs au bâton" parce que, chassant avec un nombre réduit de chiens, rarement plus d'une douzaine, ils n'ont pas forcément besoin d'un territoire aussi vaste que les veneurs. En Charente, nombreux sont les "chasseurs aux bâtons" qui goûtent ce plaisir régulièrement et font leur, la devise " aimer la chasse pour le chien ".

Chasse à la matole ou aux pantes

Chasse aux pantières dans les cols pyrénéens

Chasse en palombières

Palombières au sol aussi dite : "de type landais"

Le principe de cette chasse est immuable : il s'agit en maneouvrant des appeaux ( ou appelants ) d'attirer les vols de passage pour les faire se poser d'abord sur les arbres de la palombière, et ensuite de faire descendre au sol les oiseaux pour les capturer vivants au filet.

Le but est donc d'omiter avec ces "appelants", qui sont des pigeons domestiques ou des palombes, des oiseaux en train de se poser, de se restaurer ou de se reposer dans les bois. On trouvera en général ces installations dans les bois à dominance de pins.

Ce type de palombière est habituellement rendontré dans les Landes, mais aussi en Gironde, dans le Gers et le Lot-et-Garonne. Il n'y a que dans ces départements qu'il est autorisé d'installer des filets au sol. Dans les autres départements, et si la configuration du bois s'y prête, on pourra trouver des palombières au sol mais sans filet. Dans ce cas, les chasseuts tirent simplement au fusil les palombes lorsqu'elles.......  Les chasseurs sont donc cachés dans une cabane d'où ils manoeuvrent des mécaniques. Cette cabane est au sol, d'une taille plus ou moins importante et très bien camouflée. 

La taille de cette cabane et de des installations associées est très variable et peut aller d'une dizaine d'appeaux avec ou sans sol, à une cinquantaine d'appeaux, plusieurs sols et quelques kilomètres de couloirs camouflés qui permettent aux chasseurs de se déplacer dans la forêt sans être vus. Mais les meilleurs rendements ne correspondent pas toujours aux installations les plus importantes......

Les modèles de cabane évoluent en fonction des régions mais aussi techniquement pour pouvoir s'adapter en permanence aux "caprises" des oiseaux.

On présentera ici l'ensemble des éléments composant une palombière, sachant que certains installations ne comporteront pas exactement tous ces éléments.

Garage

Autrefois, on se rendait à la palombière à vélo ou à pied. Maintenant, il n'est pas rare de trouver des palombières équipées d'un garage une place, voire deux places, pour camoufler le ou les véhicules. Ce garage peut être construit soit à quelques centaines de mètres de la palombière, soit directement à coté de celle-ci, rendant l'accès encore plus pratique et rapide.

 

Ce garage est utilisé par les chasseurs eux-mêmes mais aussi par les visiteurs éventuels quoi doivent se conformer aux consignes traditionnellement utilisées pour annoncer leur approche. Le code traditionnel veut que l'on siffle pour demander "la permission" d'avancer. Si le chasseur répond, c'est qu'il n'y a pas de palombes posées et que le visiteur peut avancer et se joindre à la chasse.

Certaine installations ont des petits panneaux "rouge-vert" actionnés à distance par le chasseur qui indiquent si le chemin est libre.

Quartier général

Cela fait déjà plusieurs jours que la palombière à Jean François, que partage avec un réél plaisir Joél, a tiré le rideau. Fini de placer chaque matin tout le système, d'attendre des heures l'oiseau bleu. De le voir se poser, par chance ou par réussite technique. Fini les bonnes bouffes, les journées à refaire le monde le plus souvent dans la logique des choses.

Jean François Saubesty et Joél Cholet, deux amis, deux chasseurs qui unissent leur savoir, leur pratique afin de satisfaire un loisir paisible et astucieux. Pour eux, la chasse à la palombe est avant tout le respect d'une tradition ancestrale parmi un environnement naturel qu'ils défendent corps et âme.

Comme tous les paloubayres, ils viennent de passer leurs congés dans leur résidence particulièrement conviviale. Un lieu où les invités défilent régulièrement et partagent des moments inoubliables dans le calme d'une forêt aux charmes merveilleux, aux senteurs sylvestres.

Ils parlent de leur chasse avec un coeur sincère, loin des passions excessives. Il y a encore deux semaines, Jo et Jean-François vivaient de rêve et d'imagination.

Nos deux compères font partie des survivants sanguinetois qui perpétuent la tradition des palombières autrefois à la mode sur ce territoire nord landais proche de la frontière girondine. Aujourd'hui subsistent uniquement quatre palombières et presque plus de pylônes. C'est peu.

Quelques mordus.

Avec un brin d'amertude Jean François Saubesty déplore le fait: les mentalités ont changé, dit-il. Ici désormais, on chasse tout. Cela perturbe beaucoup notre mode de chasse. Il ne reste plus que quelques mordus.

Pendant plus d'un mois et demi, nos paloumayres de la Gourgue se retrouvent dans un coin tranquille à deux pas de l'Auguille." Nous, on fait ce choix pendant ce laps de temps, on se consacre à cette chasse. Rien que celle-là " ajoute Joél.

Quand nous les avons rencontrés, Jo et Jef comptait les jours à passer ensemble dans leur chaumière de brande. "Peut-être une semaine, pas d'avantage"

C'est midi passé, Jean-François, tout en bavardant, prépare le repas. Joél sert l'apéro. Pendant ce temps, les "espions" surveillent le ciel. Leur moindre attitude indique une situation étrange. Des palombes, non une buse. Le temps est gris. Le brouillard persiste. La vision est quasiment nulle. Assis sur la banquette aménagée du poste de guet, Joél regarde la cime des pins alors qu'une poélée de magret et de pommes sautées à la graisse doie inonde notre palais. 13 heures, pas un vol. Le vent se lève et chasse légèrement les nuages. Un brin de ciel bleu apparaît à travers la forêt. Le repas est servi. Le "maître d'hôtel " prend le poste de gué. On dicute de tout, de rien, des choses de la vie...Le temps passe vite, trop vite. Et toujours pas la moindre palombe. Jo regarde son cahier de comptage. "Cette semaine, les passages se font rares, du moins ici, la grisaille joue beaucoup, les vents aussi.." Il est 17 heures, la nuit commence à tomber. Le moment est venu de fermer boutique, de tout ranger.

Dmain sera un autre jour dans le silence d'une palombière uù il fait bon vivre. Ici ou ailleurs, c'est pareil. Chaque année, l'instant n'est que merveille, plaisir et passion.

Photo et texte de Francis NIN - Décembre 1997

 Jean-François et Joél ont rangé leur fusil. Les journées à la palombière se sont espacées, puis de moins en moins de vol de palombes ont fini par avoir raison de leur passion. La palombière est restée à l'abandon , c'est dommage. Il conviendrait de ne pas perdre ces traditions qui ont jalonné la vie sanguinétoise pendant des années. A quand un espace naturel dédié aux traditions.