Paul Capdevielle

Personnalité hors du commun, reconnu par le monde scientifique, Paul Capdevielle était surtout un homme généreux et affable , très apprécié pour son implication dans la vie associative locale.

 

Fait prisonnier, déporté, blessé de guerre, ce natif de Seine-et-Marne voyagea progressivement de l’Indre et Loire vers les Landes où il s’établit en 1959.

 

A la libération, il milita tout d’abord dans des organisations d’anciens combattants. Passionné de pêche, cet autodidacte s’intéressait également à la vie dans les milieux aquatiques.

 

A son arrivée à Sanguinet, il se passionna pour les étangs landais et pour l’archéologie. Il se consacra notamment à la connaissance des algues des lacs du littoral. En 1979, à plus de 50 ans, il soutient à l’université de Bordeaux une thèse de doctorat sur la recherche écologique et systématique sur le phytoplancton du lac de Cazaux-Sanguinet.

 

A l’aide du microscope que lui avait offert le Docteur Dubos, il réalisa un inventaire de plus 4000 algues des lacs du littoral. Il participa à diverses expérimentations de plantation et de gestion des plantes aquatiques et travailla sur les végétaux aquatiques introduits dans le Sud-ouest de la France. C’est lui qui mit au point le traitement à la craie dans les lacs pour l’amélioration de l’habitat des poissons.

 

A côté de la recherche scientifique, il s’impliqua fortement dans la protection de la nature et de l’environnement. Il était notamment très attentif à la qualité des eaux du lac.

 

Hydrobiologiste, algologue, on lui doit de très nombreuses publications et rapports. On citera plus particulièrement deux rapports de synthèse "grand public" sur les plans d'eau landais :

 

- le premier, rédigé en 1982 pour le compte du Conseil Général des Landes, dresse un bilan de l'état de ces plans d'eau rappelant les enjeux et les moyens de régulation du comblement, de l'eutrophisation et des pollutions les concernant.

 

- le second, produit en 1984 à destination du Comité Économique et Social d'Aquitaine, concerne leurs attraits touristiques et les nécessités de leur protection.

 

Les spécialistes s’accordent pour dire que les publications de Paul Capdevielle ont contribué à l'élargissement progressif des regards portés sur ces plans d'eau, tant sur les questions de qualité des eaux et des sédiments que sur celles portant sur la flore. En complément des interprétations des données acquises ou des propositions argumentées d'interventions, toutes comportaient en effet des alertes quant aux risques de non-satisfaction des usages attendus à cause de la qualité dégradée des eaux ou à l'importance de la protection d'espèces ou d'habitats à l'intérêt patrimonial encore insuffisamment estimé.

Il fut membre fondateur du Centre Jean Rostand de Pouydesseaux (40) et membre du conseil scientifique du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne.

 

Il créa en 1972 la section landaise de la SEPANSO et en fut le Président fondateur. Il fut lauréat du prix Kreitmann en 1975.

 

Personnalité hors du commun, reconnu par le monde scientifique, il était surtout un homme généreux et affable, très apprécié pour son implication dans la vie associative locale.

 

Il créa en le 21 novembre 1977 le Centre de Recherches et d'Études Scientifiques de Sanguinet (CRESS) qu’il présida jusqu’en 1982. Cette association prend la suite de la Société pour la Protection des Sites Archéologiques (SEPSS) créée par le professeur Dulong de Rosnay. L’objectif était de donner une vocation plus scientifique, non seulement sur l’archéologie mais plus largement sur le lac, sa faune et sa flore, son histoire et son évolution. Sa curiosité et son engagement dans la recherche archéologique permettront de valoriser et de faire connaître le patrimoine sublacustre inestimable découvert au fond du lac.

 

CAPDEVIELLE, P., 1977, La plante aquatique Elodea crispa Hort., rapport à l’intention de M. le Maire de Biscarrosse (40), 7 p

 Il fut aussi secrétaire de la Fédération des associations de pêche et de pisciculture des Landes et dirigea de 1971 à 1975, la rédaction de la publication mensuelle « Le pêcheur landais ».

 

Il présida quelques années le Sanguinet Athlétique Club qui était, à l’époque, un club omnisports comprenant diverses sections : rugby, ball-trap, volley-ball, tennis de table, pétanque, athlétisme, tennis. En 1968, il créa la section Judo. Une coupe Paul Capdevielle est remise tous les ans.

  

Pour financer ces activités sportives, il organisa, des fêtes de Noël, des kermesses, des expositions, des conférences et, surtout, des lotos. Ces derniers avaient un tel succès que les joueurs étaient installés sur plusieurs sites du centre bourg.

 

Enfin, il siégea au conseil municipal de la commune de Sanguinet de mars 1965 à août 1968.

L'écologie

Encore inconnu du grand public hier, le mot écologie est maintenant largement utilisé (trop même parfois !).

L'écologie doit s'interpréter comme "la science de l'habitat". L'écologie étudie les conditions  d'existence des êtres vivants et les interactions de toutes natures qui existent entre ces êtres vivants d'une part, entre ces êtres vivants et leur milieu d'autre part ; ces connaissances doivent donc être pluridisciplinaires et porter sur les sciences biologiques mais aussi sur les mathématiques, la physique et la chimie.

 

L'écologie nous donne une leçon de modestie et nous montre que l'homme ne peut pas impunément enfreindre les lois de la nature. Il devra en subir les conséquences que tout l'arsenal de la technique sera incapable de limiter. Chacun doit donc prendre conscience qu'il est comptable d'un patrimoine naturel légué par nos ancêtres. 

 

Paul Capdevielle au centre sur la photo supervise une plongée sur un site gallo-romain.

 

Philippe Lafon, en tenue de plongée, est celui qui a découvert la première pirogue dans le lac de Sanguinet

 

 

JCL